Comment passer à l’acte aujourd’hui dans un monde qui tend à neutraliser ce geste ?
Quelle responsabilité artistique cela engage-t-il dans la relation aux publics ?
Après douze créations, mon travail s’articule aujourd’hui autour d’un axe central : le passage à l’acte. J’y explore cet instant fragile et puissant où un corps, une pensée ou une œuvre quittent l’immobilité pour basculer vers l’action. Un moment souvent infime, parfois invisible, mais qui nous transforme ainsi que le monde.
Inspirée notamment par les réflexions de Léa Bismuth et Michel Foucault, je pense le passage à l’acte non comme un geste négatif, mais comme une force créatrice, capable d’ouvrir des possibles et d’engendrer de nouveaux imaginaires.
Cette recherche traverse mes précédentes créations (Ma langue dans ta poche de Fabien Arca, Traverser la cendre de Michel Simonot, Pépites de Marion Bonneau) et se déploie aujourd’hui dans ICEBERG de Céline Bernard.
Sur scène, le corps occupe une place centrale. La danse contemporaine devient un langage souterrain des écritures : un sous-texte vivant où le corps parle avant le texte, engageant immédiatement le spectateur dans une expérience sensible.
Mon travail se construit également en étroite relation avec les publics, notamment ceux dits « à la marge » (jeunes de Missions Locales, enfants en dispositif ULIS, publics allophones ou en situation de handicap). Je les considère comme de véritables partenaires de recherche. Ces rencontres nourrissent mon geste artistique et interrogent nos normes, nos récits dominants et notre capacité collective à agir.
Nadège Coste – février 2026.